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2012
[Chronique musicale] Spiky – Carnival Symposium : « Un orchestre dans une usine ».

Autant être clair tout de suite je n’ai pas l’habitude d’écrire des critiques audio. J’aime la musique, l’écouter plutôt que la jouer. Bande originale, classique, électronique, symphonique, j’écoute un peu de tout. Il y a pourtant un genre que je ne connaissais pas du tout et dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Il faut dire qu’un genre musical directement tiré d’un genre littéraire, devenu par la suite un univers à part entière, (voir même pour certain un style de vie) je n’aurais pas cru cela possible. Car ce qui m’amène à écrire cet article aujourd’hui c’est la découverte d’un album nommé Spiky – Carnival Symposium. Ça ne vous parle probablement pas mais si je vous disais que le genre dont est inspiré cet album est le steampunk, auriez-vous penser qu’un style musical puisse s’inspirer de ce genre ? Moi non, et pourtant…
Père Castor, c’est quoi le steampunk ?
Le steampunk est, à l’origine, un genre littéraire au même titre que le cyberpunk, la fantasy, la science-fiction, etc. Ce qui le différencie des autres et dont il tire son nom si particulier c’est que celui-ci se passe à une époque où la vapeur (steam en anglais) est l’énergie dominante en ce monde. Ainsi, à défaut d’avoir évolué comme nous l’avons fait, le steampunk prend place dans une atmosphère de société industrielle au XIXè siècle. La société évolue ainsi que les technologies mais tout est régit par cette seule énergie qu’est la vapeur. On parle ainsi de rétro-futurisme. « Quel est le rapport avec la musique ? » me direz-vous. Au même titre qu’un grand nombre de sonorité métallique et cuivré que vous pourriez entendre en ces années 1800 les pistes qui composent cet album résonnent elle aussi de ces sons si caractéristiques. Et c’est dans cette optique que cet album nommé Carnival Symposium fut créé.
Les coulisses de l’album.
Pour être tout à fait précis on est face à un album conceptuel mélangeant Rock, Orchestral et Steampunk. Ce ne sont pas moins de 52 minutes de percussions, Rock et Orchestral qui rythme les huit morceaux du CD le tout enrobé d’une atmosphère sombre et industrielle. Pour les plus aguerris d’entre vous sachez que cet album contient des voix qui ne sont autres que le Capitaine John Sprocket du groupe folk Américain » The Cog Is Dead » et Jessica Donati, la chanteuse d’Ivalys, un groupe de métal symphonique Français. Et tout ça me fait une belle jambe puisque je n’ai absolument aucune idée de qui sont ces gens car je ne connais aucun des deux groupes susmentionnés. A défaut d’en avoir entendu parler j’ai pu les découvrir à travers l’album de Spiky et je dois dire que c’est intéressant. Sachez enfin que cet album a été créé et promu par la communauté Steampunk Française. Je vous conseille d’aller leur rendre visite car il s’en dégage une ambiance assez particulière ne serait-ce que par les quelques termes employés en titre de topic qui annonce de suite le ton de votre visite.

Cette écoute aura-t-elle transformé mes oreilles en cuivre ?
Il est grand temps d’insérer le CD dans le lecteur le plus proche de moi et de découvrir cette étrangeté musicale. La première piste (The Chronophagist) se lance et je me demande alors ou j’ai atterris. C’est simple, j’ai l’impression d’être en plein concert live alors qu’en fait tout semble avoir été créé de toute pièce. Cette piste reflète à elle seule tout ce que peut représenter le steampunk s’il était un genre musical. D’une certaine façon ce morceau semble particulièrement cliché car dès les premières notes on entend nettement des sons « à vapeurs » mais dans l’optique ou le créateur se positionne à cette époque fictive les instruments semblent alors alimentés par la vapeur. Ce n’est d’ailleurs pas le seul son caractéristiques de ce genre d’uchronie que l’on peut entendre dès cette introduction puisque tout semble métallique et mécanique. Vient alors un moment ou des voix s’élèvent et ce n’est pas forcément le point fort du morceau. Cela dérange quelque peu l’aspect symphonique donnant le ton de cet album. Pas toujours en accord avec le reste musicale de cette piste, la voix féminine apparaissant par moment parvint à réguler le tout dans un ensemble plus cohérent à mon gout le tout se terminant sur une symphonie relativement épique.
Le reste de l’album nous fait continuer notre voyage et semble nous emmener à travers cette époque puisqu’il suffit de lire le nom des pistes pour se rendre compte que l’on passera à côté de pièces mécaniques marquante de cette fausse période historique. Mais ce n’est pas là le seul élément à découvrir puisque l’album semble s’inspirer d’autres grands groupe et ceci est audible dès la seconde piste avec une référence difficile à occulter: Marylin Manson. N’étant pas un grand amateur de cet artiste c’est avant tout le style de voix qui m’aura marqué et fait penser à lui. Le morceau quand à lui se fait léger pour ensuite se terminer sur une épopée symphonique fort agréable contrastant fortement avec son début. Cette seconde piste (Seed of Evil) me fait plus penser à un style métal qu’à un style symphonique. En enchainant sur le troisième morceau (Dancing On A Fence) Marylin ne semble pas avoir disparu et s’est même trouvé une compagne. J’ai beaucoup de mal avec ces voix, non pas qu’elle soit désagréable mais plutôt hors contexte selon moi sur certains morceaux.
La quatrième piste (The First Cog Lament) me ferait presque penser à un univers océanique, une prise de son dans la cale d’un bateau. Imaginez voir les fonds marins à travers un hublot tout en ayant à l’esprit des sons lointain quelque peu dérangeant. Dans l’idée cela me ramènerait plus près d’un Bioshock caractérisé aussi d’univers steampunk dans un ton tout de même beaucoup plus léger car plus proche de notre époque. Pas pour son OST mais plutôt pour les sons qui émanent de ce morceau. A certains moment j’ai imaginé le Big Daddy se promener derrière moi. Il est temps de se faire discret et de de se diriger vers le morceau suivant. Et là c’est la débandade ! Cette cinquième piste (Steampunk Engineering) est assourdissante et bruyante, serait-on proche de la machine à vapeur faisant tourner ce monde ? Il y a des chances et on entend même chanter son mécanicien, du moins c’est que m’inspire l’écoute de celui-ci. De nombreuses sonorités se mélangent et laissent présager d’un mécanisme complexe. La piste suivante (The Sick Crow) invite au calme, le pression semble retomber et nous entraine tranquillement vers la piste numéro sept que j’ai particulièrement appréciée. Nommé Tesla (en hommage à Nikola Tesla) celle-ci semble narré la découverte et l’exploitation de l’électricité. Un morceau très agréable, très doux bien que les sons soit plus électriques par moment. Une piste agréable racontant une histoire dans l’histoire tout en dirigeant tranquillement le spectateur vers la fin. Le voyage s’achève dans cette huitième et dernière piste (The Last Cog Lament). Comme un au revoir à un monde si étonnant il est temps de quitter la salle tout en se laissant bercer par ses quelques sons lointains qui hantent encore nos oreilles. Le moteur s’arrête, tout doucement…
D’ordre général je n’ai pu m’empêcher de constater certaines similitudes sonores avec la Bande Originale d’Alice Madness Returns (que je testais en Aout dernier). Cette OST m’a d’ailleurs fait penser sur certains aspect à l’univers si particulier de Dany Elfman et c’est en fouinant un peu que j’ai pu constater que l’album s’inspirait aussi de ce grand monsieur. Ce petit brin de folie si spécifique à ce compositeur se retrouve par moment dans les compositions de Spiky. Hormis une variété de son très spécifique au genre steampunk j’ai quand même eu l’impression de retrouver souvent le même sample dans les compositions de cet album. C’est probablement dû au fait que l’on retrouve souvent les mêmes sonorités. Heureusement ces dernières sont sans cesse accompagnées par une pléthore de sons différents et se fondent alors tranquillement dans le reste de la piste.
Un autre artiste se cache dans cet album.
Il s’agit d’Aurélien Police. Si je connaissais brièvement le genre dans lequel il œuvre je dois reconnaitre que je ne connaissais pas du tout l’artiste. On peut dire qu’il est une sorte de magicien car il pratique ce qui se nomme le « mixed media ». Pour faire simple, il va piocher dans plusieurs sources visuelles tels que des photos, des scans de peintures, des dessins, des illustrations, ils mélangent le tout et produit ainsi diverses créations alimentant des couvertures d’album, des couvertures de livres, des affiche pour des festivals ainsi que d’autres médias communicant visuellement. Artiste avant tout numérique vous pouvez visionner plusieurs des ses créations sur son blog personnel: http://aurelienpolice.wordpress.com/
Il avait déjà collaboré pour le jeux vidéo avec notamment Kevin Riepl (Gears Of War, Unreal, etc) en tant qu’illustrateur d’albums. Pour Carnival Symposium ses créations (couvertures de l’album et illustrations du digipack) sont résolument tournée vers un style sombre, métallique et dérangeant. Oubliez le côté coloré et lisse d’un film comme Steamboy et faites place au carnaval de la folie mécanique !

J’ai enfilé mon costume, je file me préparer pour le Carnival.
Autant le dire franchement, Carnival Symposium est un OVNI musical. Percutant, étonnant, déroutant, c’est une balade étrange et tout aussi agréable dans univers méconnu qui ne demande qu’à être découvert. Bourré de référence, rendant hommage à l’univers des jeux vidéo, l’univers littéraire, l’univers artistique, la simple vu de la pochette vous donne une idée de ce qui vous attend et ce n’est pas rien. J’ai adoré le côté symphonique malgré les voix qui pour moi entache plus les sons mais permettent tout de même d’appuyer certains sentiments. Je ressens tout de même le côté très expérimental de la chose mais on tient là un album vraiment intéressant qui m’a donné envie de découvrir le premier album consacré, lui, à la fantasy. On est dans un steampunk dérangé et dérangeant alliant plus un côté fantastique prononcé qu’à une vie simple et limpide n’étant régit que par la chaleur de la vapeur. Imprimez la couverture de l’album dans votre esprit, lancez l’écoute et laissez-vous emporter dans cette uchronie.
Quelques photos du digipack
Liens utiles:
Le blog et site d’Aurélion Police : http://phrenologik.free.fr/
Le site de Spiky ou vous pourrez écouter quelques extraits et vous procurez l’album: http://www.spiky.fr/
La communauté Steampunk de France: http://steampunk.fr/
PS: je tiens à remercier Spiky pour cette découverte ainsi que pour sa confiance et sa patience.
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Article de MykeHell







Un excellent album (découvert il y a peu d’ailleurs).
Perso je ne regrette pas du tout le chant mais c’est clair qu’une version instrumentale aurait été adaptable (mais moins originale pour le coup).
Un ovni qu’il fera bon suivre:).
Voilà à quoi je pense quand je me dis que certains artistes vont se bonifier, grâce à internet.
Je suis un grand fan de son travail! Et j’ai hâte de voir (entendre ?) la suite !!
super site au passage